La sédimentation pollinique dans la zone du Ferlo: approche paléopalynologique
2013
OHM Project
Tessekere OHMi
Leader : NDONG A.T.
Project leader’s laboratory : LEVEH, UCAD
Full address of laboratory :
Abstract :
La région sahélienne en Afrique septentrionale, correspond à une étroite bande de terre large de 500 à 700km, qui s'étend de l'Atlantique à la mer Rouge (Atlas, 1998). Elle est comprise entre les latitudes 15° et 20°N et les isohyètes 100 et 600mm, et couvre une superficie de 5,378 millions de km² (Akpo, 1990). Cette région se singularise du reste de l’Afrique par ses traits physiques et biologiques dont les principales caractéristiques sont l’aridité et la fragilité des écosystèmes.
Au Sénégal, le sahel correspond à une zone appelée Ferlo ou zone sylvopastorale située au sud de la vallée. Divers études sur les dynamiques de peuplements végétaux menées dans cette zone sylvopastorale font mention ces dernières années, d’une dégradation progressive du couvert végétal. Ce problème se pose avec acuité surtout aux abords immédiats des forages aménagés dans le nord du Sénégal où l’on observe des auréoles de surfaces dans lesquelles la végétation tend, de plus en plus à disparaitre (LEHOUEROU 1977 ; BOUDET 1978 ; TOUTAIN et PIOT 1980 ; UNESCO-PNUE-FAO 1981; BARRAL 1982 ; WISPELAERE et NOEL1983 ; CHILD et al 1984). Certains auteurs expliquent la dégradation du couvert végétal sahélien par les sécheresses successives observées depuis 1973 et par l’aridification du climat (TOUTAIN et PIOT 1980 ; BREMAN ET KRUL 1983) ; d’autres contestent vigoureusement cette version et attribuent la dégradation au surpâturage. Selon ces derniers, les péjorations climatiques ne sont pas un fait nouveau dans l’histoire du Sahel, dans la mesure où des sécheresses sévères, comme celle de 1913-1914, n’ont pas fortement perturbé l’équilibre écologique local (LEHOUEROU 1977).
Ainsi étudier l’histoire de la végétation dans cette zone pour connaitre l’origine de cette dégradation, nécessite que des séries paléoenvironnementales longues et bien datées soient étudiées. Or, jusqu’à présent seul le Lac de Guiers (J.L.SAOS et al 1981 et1982 ;A.M.LEZINE et al 1986, 1988 et 1989) situé dans la partie occidentale de notre zone d’étude, a fourni des séries palynologiques continues recoupant des sédiments d’âge holocènes. Les données palynologiques ont montrées qu’une modification paléogéographique a entrainée localement le développement de la mangrove à l’emplacement du Lac actuel durant le Nouakchottien, puis son remplacement par une végétation d’eau douce dans un environnement sahélien à l’holocène récent (LEZINE, 1986). A l’échelle régionale, de grandes variations ont affecté l’environnement végétal dans l’ensemble du bassin versant du Lac. (LEZINE et al. 1986)
C’est ainsi que notre étude se propose de compléter les quelques recherches paléoécologiques menés au cours des années 80 et qui ont permis de reconstruire l’histoire paléoenvironnementale de ce secteur en fixant notamment la mise en place des conditions actuelles vers le début de notre ère.
L’objectif principal de cette étude est de concourir à développer une approche de rétro-observation des dynamiques écologiques en zone sahélien et tout particulièrement sur le terrain de l’OHM (Observatoire Homme Milieux).) Cette approche d’histoire de l’environnement qui privilégie la prise en compte de la longue durée comme échelle de reconstitution des trajectoires environnementales a pour ambition de donner un cadre temporel élargi aux dynamiques actuellement observées et par conséquent, de faciliter les démarches de modélisations qui pourraient être amenées à se développer ultérieurement. Pour l’atteindre, nous nous sommes fixés des objectifs spécifiques à savoir :
- L’étude d’enregistrements sédimentaires dans le lac de Guiers et dans les mares temporaires qui fera l’objet d’une analyse multi-proxy (trois proxys : pollens et spores, microfossiles non polliniques et particules carbonisées) permettant de document le dernier millénaire tout en analysant le contenu en particule carbonisées susceptible de donner lieu à une reconstitution du signal incendie.
- La reconstruction de l’histoire du feu et de leurs impacts sur les écosystèmes à partir d’une étude antracologiques et/ou pédoantracologique d’enregistrement sédimentaire.
- La détermination de l’état actuel des ressources végétales tout autour des mares temporaires et du lac de Giers à partir de relevés échantillonnés dans la zone d’étude.