Déterritorialisation/reterritorialisation : système d’acteurs et réagencements spatiaux dans le Pays de Bitche

Déterritorialisation/reterritorialisation : système d’acteurs et réagencements spatiaux dans le Pays de Bitche

Deterritorialization/Reterritorialization: Actor Systems and Spatial Reconfigurations in the Pays de Bitche

2026 OHM Project Bitche County OHM

Leader : Calenge Pierric

Project leader’s laboratory : LOTERR
Full address of laboratory : Campus Lettres et Sciences Humaines, 23 boulevard Albert Ier

Disciplines :

Biologie environnementale, écologie et évolution Institutions, gouvernance et systèmes juridiques Le monde social et sa diversité Cultures et production culturelle Étude du passé humain Mobilité humaine, environnement et espace

Abstract :

Le Pays de Bitche est historiquement en position de confins, structuré essentiellement par sa position frontalière en tant que territoire de défense. Des marqueurs plus ou moins spectaculaires des ouvrages militaires d’époques variées parsèment le paysage. L’identité profonde du territoire reste marquée par ce passé militaire. L’emprise de la citadelle au cœur de la ville de Bitche, visuelle autant que matérielle, incarne cet héritage. Les départs de l’armée à partir du milieu des années 1990 provoquent une crise profonde d’un système territorial, organisé par les fonctions défensives et agencé principalement par l’armée selon ses contraintes et moyens propres. Ayant dû s’adapter aux contraintes de ce système, les collectivités locales doivent faire face désormais à la perte non seulement des fonctions militaires mais du « système périproductif » qui faisait le lien entre l’armée et les autres acteurs du territoire. Plus globalement, c’est l’ensemble des représentations des acteurs du territoire, des relations logistiques, des fonctions des équipements et des institutions qui sont bousculés par la démilitarisation du territoire. Le Pays de Bitche subit donc une déterritorialisation, au sens d’un abandon partiel du territoire par un acteur central (l’armée), entraînant une perte de sens pour toute une série de services et lieux agencés pour répondre aux besoins de l’armée et de ses personnels. Se pose rapidement la question pour les acteurs locaux des stratégies de développement local, des compensations, et donc de la réinvention d’une territorialité. Dans ce cadre, peuvent être envisagés par exemple les nouveaux liens entre les habitants et l’armée. Dans une certaine mesure, les projets encore lointains d’instauration d’un service militaire volontaire posent la question du réemploi de la cité Teyssier, de son adaptabilité potentielle aux nouveaux besoins de l’armée.

Translated abstract :

The Bitche region has historically occupied a borderland position, shaped largely by its role as a frontier territory with a defensive function. More or less spectacular remnants of military structures from different periods dot the landscape. The region’s deep-rooted identity remains marked by this military past. The imposing presence of the citadel at the heart of the town of Bitche—both visually and physically—embodies this legacy. From the mid-1990s onward, the withdrawal of the military triggered a profound crisis in a territorial system that had been organized around defensive functions and structured primarily by the army according to its own constraints and resources. Closely tied to this system, local authorities found themselves confronting not only the loss of military functions but also the collapse of the “peri-productive system” that had linked the army with other local stakeholders. More broadly, the demilitarization of the territory disrupted the entire set of local actors’ perceptions, logistical relationships, and the roles of facilities and institutions. The Bitche region therefore experienced a process of deterritorialization, in the sense of a partial withdrawal by a central actor (the army), resulting in a loss of meaning for a whole range of services and places previously organized to meet the needs of the military and its personnel. This quickly raised, for local stakeholders, the issue of strategies for local development, compensation measures, and ultimately the reinvention of a new territorial identity. Within this framework, for example, new forms of interaction between local residents and the army can be considered. To some extent, the still distant plans to introduce a voluntary military service raise the question of the reuse of the Teyssier complex and its potential adaptability to the army’s new needs.