Évaluation des services écosystémiques et de l’intégrité écologique des systèmes lagunaires dans un processus de restauration écologique
2015
Doctoral Project
French Mediterranean coastal zone OHM
Leader : De Wit Rutger
Project leader’s laboratory : UMR Ecosym - deviendra UMR MARBEC
Full address of laboratory :
Keywords :
Lagune côtière
services écosystémiques
intégrité écologique
matrice des capacités
restauration écologique
éco-ingénierie
Disciplines :
Biogeochimie
Biologie
Ecologie
Economie
Oceanographie
Sociologie
Sciences de gestion
Abstract :
Dans cette étude, nous utiliserions les services écosystémiques (SE) et l'intégrité écologique (IE) comme un moyen d'évaluer les bénéfices pour la société des actions de restauration écologique des écosystèmes lagunaires. Nous souhaiterions ainsi faire le lien entre les gains écologiques et les gains pour l'homme à effectuer de la restauration écologique mais aussi développer une méthode qui permet une restauration écologique basée à la fois sur les besoins de l'homme et sur la reconquête d'un bon état écologique d'un milieu aquatique selon l'obligation légale de la DCE.
La notion de SE met en avant l'importance des systèmes écologiques et de la biodiversité pour les sociétés et fait le lien entre ces deux entités (Centre d'Analyse Stratégique (CAS), 2009 ; Lele et al., 2014). Les services écosystémiques sont définis dans le rapport du Common International Classification of Ecosystem Services
(CICES, Haines-Young et Potschin, 2013) comme « des contributions que les écosystèmes font pour le
bien-être humain ». La notion de service écosystémique est fortement anthropocentrée (MEA, 2005), ce qui est sa force, mais également sa faiblesse, notamment en ce qui concerne la conservation de la biodiversité
(Norgaard, 2010). Par ailleurs, de nombreuses publications sur les services écosystémiques exposent la capacité potentielle du concept à guider les stratégies de gestion des ressources naturelles de façon durable et équitable (Jacobs et al., 2014).
Il apparait important d'associer à la notion de service écosystémique (SE), celle d'intégrité écologique (EI), qui peut servir à évaluer l'état de conservation et de fonctionnalité des écosystèmes. La prise en compte de ces deux notions est de plus en plus proposée (de Groot et al., 2010; Portman, 2013), notamment du fait d'une prise de conscience croissante de la nécessité de conserver les écosystèmes et leur fonctionnalités pour garantir la durabilité des systèmes socio-écologiques (Haines-Young and Potschin, 2010).
Le concept d'intégrité écologique est définit dans l'étude de Müller and Burkhard (2007) comme « une condition préalable à la fourniture de services écosystémiques pour les êtres humains et élargit donc le point de vue purement anthropocentrique d'autres études ». Tel que défini par Barkmann et al. (2001), l'intégrité écologique désigne le « soutien et la préservation de ces processus et ces structures qui constituent des conditions essentielles de la capacité écologique de l'auto-organisation » des écosystèmes (d'après Burkhard et al., 2009). L'intégrité écologique équivaut aux services de soutien dans d'autres études sur les services écosystémiques tel que le MEA (2005, Burkhard et al., 2009 ; Stoll et al., 2014).
our modéliser l'intégrité écologique (IE) et les services écosystémiques (SE) à l'échelle du paysage, l'intégration de l'IE dans les matrices de capacité des SE est couramment utilisée (Stoll et al., 2014). Cette approche a fait ses preuves dans la description des relations entre le fonctionnement des écosystèmes, la biodiversité et l'approvisionnement en SE (Haines-Young et Potschin, 2013; Kandziora et al., 2013). La notion d'intégrité écologique (IE) sera aussi utilisée par un focus group d'expert pour juger la pertinence des trajectoires de l'écosystème (cf., De Wit et al., soumis = étude OHM-LitMed 2013) et le réalisme des états désirés, notamment dans un contexte de changements planétaires.
Cette méthode de travail sera confrontée avec la démarche qui découle de la DCE et qui comprend notamment pour un écosystème aquatique (i) une définition d'un état de référence, (ii) l'utilisation des indicateurs pour caractériser son état écologique à partir d'un programme de suivi et (iii) une feuille de route pour la reconquête du bon état écologique d'un système dégradé (voir Fig. 1 et 2). Cette comparaison nous permettra de répondre aux questions suivantes :
1)Quels sont les convergences et les divergences entre le « bon état écologique » préconisé par la DCE et l'état désiré selon les perceptions et souhaits des populations locales ? Les divergences éventuelles seront analysées, notamment en termes d'usages et les éventuels conflits d'usage. Le cas échéant, est-ce que des solutions sont envisageables qui permettent de réconcilier les usages avec une bonne qualité de l'eau et la conservation de la biodiversité ?
2)Est-ce que ces états désirés (le bon état écologique de la DCE et l'état désiré par les populations locales) sont-ils réalisables dans un contexte de changements planétaires selon la connaissance écologique actuelle et le dire des experts ? Si ces états ne sont pas réalisables, peut-on définir un état atteignable le plus proche des états désirés ?
3) Quel est l'intégrité écologique de l'écosystème pour ses différents états (voir Fig. 1 et 2) en termes de capacité d'auto-organisation. Est-ce que cette IE permet à l'écosystème de suivre une trajectoire vers l'état désiré, et est-ce que l'état atteignable est-il résilient à long terme dans un contexte de changements planétaires ?