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Influence de l’anthropisation et des contaminants sur la biodiversité du fleuve Oyapock. Apports conjoints des approches écologiques et ethnoécologiques
Sébastien Brosse
Session
2020
Co-porteur(s)
Sebastien Brosse, Damien Davy, Jérome Murienne
Type de projet
Projet OHM
Écologie
La compréhension l’impact de l’homme sur les communautés animales (pêche, chasse, déforestation, orpaillage) ainsi qu’en retour l’impact de ces altérations de biodiversité sur les populations humaines constituent un enjeu majeur sur le territoire Guyanais.
Nous proposons ici d’allier des approches ethnoécologiques (cartographie participative), et écologiques (inventaires de biodiversité de poissons et vertébrés terrestres) pour quantifier l’impact des activités humaines sur le bassin de l’Oyapock. Ce travail nécessite d’une part la mise en place d’une cartographie des pressions humaines sur l’ensemble du bassin, et d’autre part d’étendre les mesures de biodiversité à l’ensemble du gradient de pressions incluant les zones fortement contaminées par l’orpaillage et celles non affectées par les activités humaines.
Nous bénéficierons pour cela des données d’inventaires faunistiques par analyse de l’ADN libre dans l’eau (eDNA) sur le cours principal du Maroni, du Sinnamary et de l’Oyapock. Ces données seront complétées par des échantillonnages d’eDNA sur la rivière Camopi, qui présente des situations d’anthropisation très contrastées (orpaillage à l’aval, aucune activité humaine à l’amont).
Ce projet de recherche permettra de compléter les inventaires de biodiversité sur le bassin de l’Oyapock, ainsi que de comprendre les processus anthropiques qui structurent la biodiversité des fleuves Guyanais. En confrontant les donnes ethnoécologiques et écologiques nous comprendrons comment l’homme adapte son utilisation des ressources animales dans un contexte de déclin de biodiversité. Enfin, ces travaux devraient permettre de modéliser la distribution de la diversité animale en Guyane, et à terme de prédire les modifications futures de biodiversité sous différents scenarios d’activités humaines.

Porteur

Sébastien Brosse
2019-12-17 08:36:19
Sébastien Brosse
Je suis professeur à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, et responsable de l’équipe de recherche Ecologie Aquatique et Changements Globaux (AQUAECO) du laboratoire Evolution et Diversité Biologique (UMR 5174 CNRS-UPS-IRD). Mes activités de recherche concernent l’écologie des poissons d’eau douce que j’aborde à deux échelles complémentaires : à l’échelle du globe, j’utilise des bases de données pour comprendre comment se distribue la biodiversité à large échelle, et comment l’homme, en provoquant des extinctions et des introductions d’espèces, modifie cette biodiversité. A une échelle plus fine, je m’intéresse en particulier aux communautés de poissons de Guyane. Je cherche à comprendre comment s’organise la distribution spatiale des espèces dans les cours d’eau, et comment les facteurs environnementaux, qu’ils soient naturels ou anthropiques affectent cette distribution des espèces. Parmi les impacts anthropiques, je me suis en particulier intéressé à l’exploitation d’or qui génère d’importantes perturbations pour les écosystèmes aquatiques. Enfin, je m’intéresse depuis quelques années au développement d’une nouvelle méthode d’échantillonnage des poissons de Guyane basée sur la collecte d’ADN libre dans l’eau. Cette méthode appelée Metabarcoding environnemental, permet d’inventorier les organismes sans les collecter, ce qui permet de s’affranchir d’une partie des biais méthodologiques propres aux techniques traditionnelles de capture, et donc d’obtenir une meilleure image des communautés de poissons.

J’ai publié plus de 100 articles dans des revues internationales (H-index = 31 ; nombre de citations = 2950 d‘après Web of Science « core collection »), dont plusieurs articles dans PNAS, Plos Biology, ou Ecology letters.

Participants

Damien
Davy
Damien Davy est anthropologue, ethnoécologue et ingénieur de recherche au CNRS, au sein de l’USR mixte 3456 – LEEISA.

Ses travaux portent sur les savoirs ethnoécologiques (ethnobotanique, ethnozoologie), la culture matérielle et les relations au territoire et au foncier des peuples autochtones de Guyane française. Il travaille plus particulièrement avec les Amérindiens teko, wayãpi et palikur sur leurs savoirs liés à la nature.

3 publications en rapport avec le projet de recherche:

PALISSE M. & DAVY D., 2018. « Des cultures foncièrement différentes : Usages de la terre chez les Amérindiens et les migrants haïtiens en Guyane ». Etudes Rurales, 202 : 158-177. Consulté le 10 février 2019. URL : http://journals.openedition.org/etudesrurales/15134 ; DOI : 10.4000/etudesrurales.15134

GRENAND P., GRENAND F., JOUBERT P., DAVY D., 2017. “Pour une histoire de la cartographie des territoires teko et wayãpi (Commune de Camopi, Guyane française) », Revue...
Jerome
Murienne
Jérôme Murienne (CR CNRS HDR) est responsable de l’équipe DEEP au laboratoire Evolution et Diversité Biologique (Toulouse). Il est aussi coordinateur du projet DIAMOND (Dissecting and MONitoring amazonian Diversity 2016-2019) financé par le labex CEBA et du projet DEBIT (DEcoupling Biodiversity dimensions in Tropical ecosystems 2018-2021) financé par l’Agence Nationale pour la Recherche. Il a publié plus de 50 articles de rang A et 4 chapitres d’ouvrages (1500+ citations, h-index=23). Il est spécialisé en phylogénie moléculaire et dans la caractérisation moléculaire de la biodiversité par barcoding et métabarcoding.
Opale
Coutant
Opale Coutant est en première année de Doctorat (depuis Octobre 2019) à l'Université Paul Sabatier de Toulouse. Elle bénéficie d'une bourse doctorale de l'Ecole Doctorale SEVAB (Toulouse).
Son sujet de thèse est intitulé "Anthropisation et biodiversité : Impacts humains et réponses anthropiques au déclin de biodiversité des vertébrés des cours d’eau de Guyane".
Cette thèse est co-encadrée par Sébastien Brosse et Jérôme Murienne.